Gestion par éclaircie

Projet principal

Les forêts de chêne vert (Quercus ilex L.) couvrent environ 350 000 hectares dans le sud de la France, où elles étaient traditionnellement exploitées en taillis à courtes rotations (de 7 à 30 ans) pour la production de charbon de bois ou de tanins. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, ces taillis ont été en grande partie abandonnés et sous-exploités, ce qui a entraîné des modifications de la structure des forêts, principalement dues au vieillissement. Cela a également accru leur sensibilité aux perturbations telles que les ravageurs, les incendies et la sécheresse. L’éclaircie a été envisagée comme une méthode pour remédier au vieillissement structurel (Ducrey, 1988) et, plus récemment, pour atténuer les impacts du changement climatique sur les forêts de chêne vert (Rodríguez-Calcerrada et al., 2011). L’éclaircie a un effet positif sur la croissance et la vigueur des forêts saisonnièrement sèches en réduisant la densité des peuplements et la surface foliaire, ce qui diminue ainsi la concurrence hydrique entre les arbres.

Méthode d’éclaircie

L’objectif principal de l’étude est d’évaluer expérimentalement l’effet à long terme de l’éclaircie sur la croissance des arbres et la production de bois dans un taillis méditerranéen de Quercus ilex.

Eclaircie avant et après traitement

L’expérience d’éclaircie a débuté en 1986 et comprend 15 parcelles de 1000 m² chacune avec 45 arbres suivis, réparties en 3 blocs. La dernière coupe à blanc a eu lieu en 1942 pour les blocs 1 et 2, et en 1928 pour le bloc 3. L’éclaircie sélective par le bas (sensu Assman, 1970), qui consiste à enlever les tiges les plus petites au profit des plus grandes, a été appliquée en mars 1986 lorsque les tiges avaient 44 ans dans les blocs 1 et 2, et 59 ans dans le bloc 3. Cinq intensités d’éclaircie ont été appliquées, correspondant à environ 0 %, 25 %, 45 %, 60 % et 80 % de la surface terrière retirée. Chaque niveau de traitement a été appliqué à une parcelle de 1000 m² et reproduit dans chacun des trois blocs. Le nombre de tiges retirées varie entre 55 % pour T25 % et 90 % pour T80 %.


Protocole

 Four thinning intensity applied in 1986, % basal area removed :

  • 24-27%
  • 40-45%
  • 56-60%
  • 77-79%
  • 3 parcelles sans éclaircies

Mesures continues

SF : Flux de sève

UpgmbH (TDR Méthode Granier)

Ts / Tsol Température sol et tronc

T107 et thermocouples

SWC : Humidité relative du sol

CS616 – Campbell

DBH : Circonférence des troncs

Dendromètres ELPA-98

NDVI

PRI

SKR 1860 Skye

Mesures discrètes

  • LAI
  • DBH : Diamètre des troncs (annuel)
  • LIT : Litières (mensuel)
  • PHENO : Phénologie (toutes les semaines de mars à juin)
  • C : Croissance des pousses et des feuilles (annuel)
  • PB : Potentiel hydrique des feuilles (mensuel au printemps, en été, en automne)
  • pS : Photosynthèse
  • Res : Respiration : sol, tronc, feuilles
  • CH : Chimie des feuilles vertes et de la litière
  • D13C : Delta13C des feuilles

Associated projects

Two treatment of the partial rainfall exclusion experiment established in 2003 received a treatment of thinning. The experiment was set up on 100m² plots situated on a flat area, so that lateral flow of water is negligible and replicated three times. The first is submitted to a selective thinning from below with 33% of the basal area removed and the second is thinned and subjected to throughfall exclusion. These two treatments are replicated 3 time.

  • one thinning intensity, -30% of the basal area applied during the winter 2002-2003
  • 6 parcels of 100m2
  • 3 parcel thinning and 3 parcel thinning + rainfall eclusion

Funding

DateProjectOrigin
2017 – 2020INNOV’ILEXFonds stratégique de la forêt et du bois. Ministère de l’agriculture.
Depuis 2013AnaEEEuropean research infrastructure, EU
2010 – 2014ExpeEREU FP7 N°INFRA-2010-1.1.17
Depuis 2008OSU OREMECNRS, Univ. Montpellier, IRD, IRSTEA
2007 – 2011IMECCEU FP6 n° 026188
2002 – 2005MINDEU FP6 N°EVK2-CT-2002-000158

Selected publications

Gavinet J, Ourcival JM, Limousin JM (2019) Rainfall exclusion and thinning can alter the relationships between forest functioning and drought. New Phytologist doi : 10.1111/nph.15860. (PDF)

Gavinet J, Ourcival JM, Lempereur M, Cabon A, Limousin JM (2018) Les taillis méditerranéens de chênes verts face aux changements climatiques : éclaircir pour améliorer leur résistance à la sécheresse. Forêt méditerranéenne 39(3):179-186. (PDF)

Cabon A, Mouillot F, Lempereur M, Ourcival JM, Simioni G, Limousin JM (2018) Thinning increases tree growth by delaying the drought-induced growth cessation in a mediterranean evergreen oak coppice. Forest Ecology and Management 409:333-342.(PDF)

Ducrey M (1992) Quelle sylviculture et quel avenir pour les taillis de chêne vert (Quercus ilex L.) de la région méditerranéenne française. Revue Forestière Française 44(1):12-34.(PDF)

Ducrey M, Toth J (1992) Effects of cleaning and thinning on height growth and girth increment in holm oak coppices (Quercus ilex L.). Vegetatio 99-100:365-376. (PDF)

Ducrey M (1988) Sylviculture des taillis de chêne vert. Pratique traditionnelle et problématique des recherches récentes. Revue Forestière Française 40(4):302-313.(PDF)

Ducrey M (1987) Recherches de l’Institut national de la recherche agronomique sur la sylviculture des taillis de chênes verts. Forêt Méditerranéenne 10(1):125-129.(PDF